Lecture d'octobre 2026·consignée le 3 novembre 2026·13,0 %
Intelligence financière
Détecteur de crise
Ce que mesure cette pageLa probabilité qu'une récession américaine, datée par le comité du NBER (Bureau national de recherche économique, aux États-Unis), commence dans les douze mois. Elle est calculée par un modèle simple aux règles publiées : la probabilité tirée de l'écart entre le taux à 10 ans et le taux à 3 mois, moyennée à parts égales avec la fréquence historique des récessions. Chaque lecture mensuelle est consignée dans un journal qui n'est jamais réécrit.Une crise financière est un autre événement qu'une récession. Les indicateurs de tension financière sont montrés à part, sans probabilité. Rien ici n'est un conseil en investissement.- Horizon12 mois
- Seuil d'alerte30 %
- Récessions évaluées4
- Lectures consignées3
Probabilité qu'une récession américaine commence entre novembre 2026 et octobre 2027 : 13,0 %, sous le seuil d'alerte (30 %). Depuis 1959, 15,7 % des mois ont été suivis d'un début de récession dans l'année, 10,8 % sur les trente dernières années.
Intervalle d'estimation à 90 % : 7 % à 18 % · prochaine lecture à la parution des taux de novembre 2026La mesure
Probabilité à 12 mois
Arc fin : intervalle à 90 % de l'estimation. Il ne couvre pas le choix du modèle : estimé depuis 1934 ou depuis 1871, il lirait 20 à 24 %. Traits bleus : fréquence historique depuis 1959 et sur trente ans, deux repères aussi défendables l'un que l'autre. Par construction, la probabilité publiée ne peut guère dépasser 58 %, puisque la moitié de la formule est la fréquence historique ; le seuil haut de 50 % n'est franchi que si la sortie brute du modèle dépasse 84 %. La Fed de New York publie une formule voisine qui répond à une autre question : être en récession dans douze mois, et non y entrer.
Reconstituée depuis 1985
Trait plein : la probabilité selon la formule publiée, reconstituée après coup ; seules les lectures du journal ont été consignées en temps réel. Tirets : la sortie brute du modèle, avant sa moyenne avec la fréquence historique ; elle a touché 99 % en mai 2023 sans qu'aucune récession suive. Chaque année, le modèle est réestimé en janvier avec les seules données et récessions connues à la date. Bandes grises : récessions datées par le NBER. Bandes orangées : alertes sans récession.
Bilan du modèle
- juin 1989 à déc. 1989max 36 %, récession en août 1990
- sept. 1998max 31 %, aucune récession
- juil. 2000 à janv. 2001max 47 %, récession en avril 2001
- janv. 2006 à juil. 2007max 44 %, récession en janvier 2008
- mai 2019 à févr. 2020max 39 %, récession en mars 2020
- nov. 2022 à avril 2025max 58 %, aucune récession à ce jour
Reconstitué hors échantillon de 1985 à 2024 : quatre récessions seulement, c'est peu pour juger un modèle. L'évaluation étendue, jusqu'à 26 récessions américaines et 99 dans 20 pays, figure plus bas. La spécification a été choisie le 28 septembre 2026, après avoir vu les années 1985 à 2025, le jour même où la lecture d'août a été calculée : le seul vrai test est le journal des lectures, à partir de celle de septembre 2026.
Les indicateurs
Règle de Sahm
Moyenne du chômage sur 3 mois, moins son plus bas des 12 mois précédents, en points. Indicateur coïncident : il confirme une récession déjà commencée, il ne la prévoit pas. Il a franchi 0,50 de 0 à 7 mois après le début des récessions. Fausses alertes : 2003 et 2024. Échelle coupée à 2 points : en juin 2020, la règle est montée à 9,4. Octobre 2025 : mois jamais publié par le Bureau des statistiques du travail (BLS) (fermeture des services fédéraux). Le point est interpolé entre les mois voisins et signalé comme tel. Les valeurs d'octobre 2025 à septembre 2026 en dépendent. Petits ronds : valeurs qui dépendent de ce mois interpolé.
Courbe des taux
Taux à 10 ans moins bon du Trésor à 3 mois, moyennes mensuelles, en points. Le 3 mois, coté en escompte, est converti en rendement obligataire, comme le fait la Fed de New York. Tirets : 10 ans moins 2 ans. Signal avancé : chacune des 8 récessions depuis 1968 a été précédée d'une inversion, de 5 à 16 mois avant le pic d'activité daté par le NBER. L'inversion a aussi donné de fausses alertes. De novembre 2022 à novembre 2024 : 25 mois d'inversion, la plus longue depuis 1953, sans récession datée à ce jour. Mars et avril 2025 : brève inversion, sans récession datée à ce jour.
Chômage américain
Taux de chômage américain, corrigé des variations saisonnières, en %. Octobre 2025 : mois jamais publié par le Bureau des statistiques du travail (BLS) (fermeture des services fédéraux). Le point est interpolé entre les mois voisins et signalé comme tel. La baisse depuis fin 2025 vient en partie d'une population active qui se réduit, ce qui en limite la portée ; janvier 2026 marque aussi une rupture de série (nouveaux contrôles de population du Bureau des statistiques du travail).
Tension financière
Prime de risque obligataire excédentaire (EBP) −0,39 · septembre 2026
Stress financier (OFR, Bureau de recherche financière du Trésor) −1,91 · octobre 2026
Une crise financière n'est pas une récession : ces deux mesures sont montrées sans probabilité. Au-dessus de zéro, le marché exige plus que la normale pour prêter aux entreprises (EBP) ou le système financier est sous tension (OFR). Les deux étaient bas début 2007 et début 2020 : leur calme ne garantit rien. Des économistes de la Réserve fédérale (Favara, Gilchrist, Lewis et Zakrajšek) en tirent une probabilité de récession : 9,1 % en septembre 2026.
Seuils de bascule
- Écart 10 ans moins 3 mois+0,98 · octobre 2026 · Seuil : écart négatif (courbe inversée).non franchi
- Règle de Sahm0,00 · septembre 2026 · Seuil : 0,50 point ou plus.non franchi
- Prime de risque obligataire excédentaire−0,39 · septembre 2026 · Seuil : prime positive.non franchi
- Stress financier (OFR)−1,91 · octobre 2026 · Seuil : indice positif (stress au-dessus de la normale).non franchi
Seuils fixés avant toute lecture. Un seuil franchi est un fait vérifiable, pas une prévision.
Journal des lectures
- octobre 202613,0 % · intervalle 7 à 18 % · consignée le 3 novembre 2026
- septembre 202613,3 % · intervalle 8 à 19 % · consignée le 2 octobre 2026
- août 202614,0 % · intervalle 8 à 20 % · consignée le 28 septembre 2026
La première lecture de chaque mois est consignée dans une table que la base de données refuse de modifier ou d'effacer, et le journal est public. C'est le bilan en temps réel du modèle, sans retouche après coup. Toute modification du modèle ouvre une nouvelle version et un nouveau journal ; les anciens restent consultables.
Plus de quatre récessions : les objections testées
Au-delà de quatre récessions
| PÉRIODE ÉVALUÉE | CE QUI EST TESTÉ | RÉCESSIONS | PRÉCÉDÉES D'UNE ALERTE | POUVOIR DE TRI | GAIN SUR LE TAUX DE BASE | À SAVOIR |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1985-2024 | Validation publiée | 4 | 4 sur 4 | 0,89 | +17 % [−5 ; +33] | Alertes sans récession : 1998 et 2022-2025. L'alerte de 2020 a précédé une récession due à la pandémie. |
| 1971-2024 | Même modèle, évaluation plus longue | 7 | 7 sur 7 | 0,91 | +28 % [+13 ; +39] | L'évaluation commence dès que le modèle connaît deux récessions. |
| 1959-2024 | Estimation commencée en 1953 | 9 | 9 sur 9 | 0,83 | +17 % [+2 ; +30] | Deux alertes sans récession de plus, avant 1971 : 1962-1967 (60 mois) et 1967-1968. De 1959 à 1970, le modèle fait moins bien qu'une probabilité constante. |
| 1891-2024 | Histoire longue : obligations ferroviaires et effets de commerce avant 1937 (Macaulay, NBER), taux de la Réserve fédérale ensuite | 26 | – | 0,81 | +8,8 % [−0,1 ; +16,0] | Aucun pouvoir avant 1914 (0,55 à 0,60), pire que le hasard de 1937 à 1952 (0,44). Gain mesuré contre le taux de base des trente années précédentes. |
| 1985-2025 | 20 pays avancés (OCDE) | 99 | – | 0,59 | +2 % [0 ; +3] | Récessions techniques (deux trimestres de suite de baisse du PIB), regroupées en une dizaine de vagues mondiales. |
« Précédées d'une alerte » : au moins 30 % dans l'année qui précède le début de la récession, même si l'alerte s'est éteinte avant. Pouvoir de tri (AUC) : la probabilité que le modèle donne un chiffre plus élevé à un mois suivi d'une récession qu'à un mois qui ne l'est pas ; 0,5 correspond au hasard, 1 à un tri parfait, sous 0,5 le tri est pire que le hasard. Gain : baisse du score de Brier (l'écart moyen, au carré, entre la probabilité annoncée et ce qui s'est produit ; 0 serait parfait) par rapport au taux de base connu à la date, avec son intervalle à 90 %. La courbe des taux est un bon signal aux États-Unis depuis les années 1970, pas une loi universelle : elle n'a rien prévu avant 1914, rien vu de 1937 à 1952, et prévoit bien moins dans les autres pays avancés. Face à la fréquence réellement observée plutôt qu'au taux de base connu à la date, le gain est plus faible et dépend des récessions des années 1970-1980 et de 2020.
Les objections, une par une
Le modèle a dépassé 50 % en 2023 et 2024 : s'est-il trompé ?
Oui, sur cet épisode. La probabilité publiée a atteint 58 % en mai 2023 et est restée au-dessus de 50 % de janvier 2023 à septembre 2024, un mois excepté ; la sortie brute du modèle touchait 99 %. Toutes les fenêtres de douze mois sont aujourd'hui échues, la dernière en avril 2026, sans récession datée par le NBER, qui pourrait encore en théorie dater un début en 2025 ou 2026. Cela ne veut pas dire que rien ne peut plus arriver : une récession reste possible, mais elle viendrait plus longtemps après la fin du signal que tout ce qu'on a observé aux États-Unis depuis 1968 (voir la question sur le retard). D'après ses propres chiffres, le modèle ne laissait qu'environ une chance sur six à cette issue (calcul approché) : c'est un échec net, mais un seul épisode ne suffit pas à juger une probabilité. Avant 2023, les douze mois où il avait dépassé 50 % (1980-1981) avaient tous été suivis d'une récession ; avec 2023-2024, cela fait 37 % des mois suivis d'une récession pour 55 % annoncés sur 1971-2024 : il est trop sûr de lui en haut de l'échelle, ce que la moyenne avec la fréquence historique corrige en partie. Il est retombé à 14 % parce qu'il ne lit que l'écart du jour, passé de −1,71 point en mai 2023 à +0,87 en août 2026. Chaque janvier, les mois de cet épisode entrent dans son estimation, avec deux ans de décalage, ce qui aplatit d'elle-même sa réaction à une inversion.
14 % en août 2026, n'est-ce pas trop optimiste ?
Au niveau d'août 2026, l'histoire soutient le chiffre, sans plus. De 1971 à 2024, quand le modèle affichait entre 10 et 20 % avec une courbe comparable, 11 à 21 % des mois ont été suivis d'une récession dans l'année selon la bande d'écart retenue, pour 15 à 16 % annoncés, sur 4 récessions (1973, 1981, 1990, 2008) : ni optimisme ni pessimisme n'est démontré. Au-dessus de 20 %, en revanche, il a sous-estimé : quand il affichait entre 20 et 50 % (31 % en moyenne), 52 % des mois ont été suivis d'une récession (7 récessions). Estimé sur d'autres périodes, il lirait 15 % (depuis 1953, sans gain démontré), 20 % (depuis 1934) ou 24 % (depuis 1871, surtout parce que les récessions étaient bien plus fréquentes) ; ces deux dernières variantes prévoient moins bien le passé récent. Aucun niveau de courbe ne justifie une quasi-certitude : même courbe inversée, 59 % des mois seulement ont été suivis d'une récession dans l'année depuis 1953.
Une récession peut-elle encore arriver, simplement en retard ?
Tout dépend d'où l'on compte. Depuis le début du signal, un délai de plus de douze mois est courant : depuis 1968, l'inversion de la courbe a précédé les récessions de 6 à 17 mois, et l'alerte du modèle avait commencé 14 mois avant la récession de 1990 et 24 mois avant celle de 2008. Une alerte qui dure plus de douze mois sans récession ne prouve donc pas, à elle seule, que le modèle s'est trompé. Depuis la fin du signal, en revanche, les huit récessions précédées d'une inversion depuis 1968 sont toutes arrivées au plus 8 mois après le dernier mois de courbe inversée. En août 2026, nous en étions à 16 mois (21 depuis la fin de la grande inversion de 2022-2024), et à 17 mois du dernier mois où le modèle dépassait 30 % (avril 2025). Un seul précédent américain ressemble à ce scénario : l'inversion de 1966, suivie de la récession de 1970, mais la courbe s'était de nouveau inversée en 1968. Dans 20 pays avancés, aucune des 11 inversions strictement comparables n'a été suivie d'une récession, et une sur 21 avec une définition plus large (Canada, 2008, 19 mois après la fin de l'inversion). Une récession qui arriverait maintenant serait donc sans précédent aux États-Unis depuis 1968 et rare ailleurs, mais pas impossible : ces données excluent un risque très élevé, elles ne montrent aucun risque supérieur à la normale, sans pouvoir dire qu'il est plus faible.
Et la règle de Sahm, déclenchée en 2024 ?
Depuis 1949, elle s'est déclenchée 15 fois. Douze fois, c'était dans une récession déjà commencée, de 0 à 7 mois après son début : elle confirme, elle n'annonce pas. Hors récession : en 1959, pendant une grande grève de l'acier, six mois avant une récession ; en 2003, 54 mois avant la suivante ; en 2024, aucune récession en août 2026, 25 mois après. Elle est remontée à 0,35 fin 2025 avant de redescendre à −0,07, des valeurs qui dépendent du mois d'octobre 2025, interpolé. Dans 20 pays, après 58 déclenchements retombés sans récession, le risque qui suit est comparable à celui d'un mois ordinaire, pas plus élevé. Pour qu'elle se redéclenche, il faudrait un chômage tenu vers 4,7 % pendant trois mois (moyenne sur trois mois d'au moins 4,63 %).
Et le choc pétrolier, avec la Fed qui monte ses taux ?
C'est l'angle mort le plus sérieux de la courbe, il a donc été testé. Depuis 1947, sur 9 chocs pétroliers dépassant de plus de 20 % le plus haut des trois années précédentes, 3 ont été suivis d'une récession dans l'année (1973, 1979, 2007), tous avec une courbe déjà inversée. 2005 et 2022 ont combiné choc pétrolier et hausse des taux sans récession. Ajouté au modèle, le pétrole seul ne fait pas mieux de façon démontrée : très légèrement mieux sous sa forme mensuelle d'origine, un peu moins bien sous sa forme cumulée, jamais de façon significative. Combiné à la hausse des taux, il dégrade toujours la prévision. Selon la variante, la lecture d'août serait comprise entre 13 et 17 %, contre 14,0 %.
L'IA ne va-t-elle pas faire monter le chômage ?
Le modèle ne peut pas le voir : il ne lit que la courbe des taux. Ce qu'on mesure en 2026 ressemble à un gel des embauches de jeunes, pas à une vague de licenciements : l'emploi des 22-25 ans dans les métiers les plus exposés est 19 % sous sa trajectoire (étude de l'Université Stanford), mais la Fed de New York ne trouve pas d'écart entre postes juniors et seniors. Les suppressions attribuées à l'IA font 22 % des annonces recensées par le cabinet Challenger, mais environ 1 % des licenciements effectifs mesurés par le Bureau des statistiques du travail, et une étude de la Fed de Dallas chiffre l'effet à 0,1 point de chômage au plus. Un choc de ce type se verrait d'abord dans les inscriptions au chômage, dont la moyenne sur quatre semaines (202 250 au 19 septembre 2026) n'est que 1,6 % au-dessus de son plus bas de l'année. Un écart de 20 % a été franchi dans les huit récessions depuis 1969, mais en général au moment du pic, avec 4 fausses alertes sur 13. La règle de Sahm viendrait ensuite.
Que disent les autres prévisions ?
Les modèles fondés sur la courbe donnent 11 à 14 % (Fed de New York 13,9 %, Fed de Cleveland 12,3 %, modèle d'économistes de la Réserve fédérale fondé sur la prime de risque obligataire 10,8 %) : ils reposent sur la même variable que la jauge et ne la confirment pas de façon indépendante. Les estimations qui ne s'appuient pas sur la courbe sont plus hautes. Elles ne sont connues que par la presse : 15 % chez Goldman Sachs (22 juin), 25 % pour les 72 économistes interrogés par le Wall Street Journal (début juillet), 40 % chez Moody's Analytics (20 mai). La lecture d'août 2026, 14 %, est sous ces trois estimations. Depuis 1968, la courbe a pourtant mieux classé les débuts de récession que les prévisionnistes interrogés par la Fed de Philadelphie (8 récessions).
Six études menées le 28 septembre 2026. Chacune a été recontrôlée par une seconde analyse, menée séparément avec des outils d'intelligence artificielle sous la supervision de l'auteur, qui a refait les calculs et corrigé plusieurs conclusions. Elles n'ont pas modifié le modèle publié : aucune variante n'y fait mieux de façon démontrée hors échantillon. Certaines définitions ont été fixées après avoir vu les données de 2024 à 2026, et beaucoup de chiffres reposent sur quatre à neuf récessions : ce sont des ordres de grandeur, pas des lois.
Les arguments, au 28 septembre 2026
Ce qui inquiète
- Signal avancé
La Fed relève ses taux en plein choc pétrolier
Le 16 septembre 2026, la Fed relève son taux directeur de 0,25 point, dans une fourchette de 3,75 à 4,00 %, à l'unanimité. C'est sa première hausse depuis juillet 2023. Les prix à la consommation montent alors de 3,4 % sur un an, tirés par l'énergie (+16,3 %). La BCE a aussi relevé ses taux directeurs en septembre, pour la deuxième fois depuis juin.
septembre 2026 · Réserve fédérale ; BLS ; BCE · La Fed relève ses taux parce que l'économie tient (2,3 % de croissance projetée en 2026), et son taux ne dépasse l'inflation sous-jacente mesurée par l'indice des prix des dépenses de consommation (PCE, 3,3 %) que d'environ un demi-point.
- Signal avancé
L'écart 10 ans moins 2 ans se resserre de nouveau depuis janvier
En données quotidiennes du Trésor, l'écart entre les taux américains à 10 ans et à 2 ans passe de +0,72 point le 2 janvier 2026 à +0,36 point le 25 septembre 2026, avec un plus bas de l'année à +0,20 point le 21 septembre. Le 2 ans a pris 1,34 point depuis janvier, le 10 ans 0,98 point : les taux courts montent plus vite, ce qui est typique d'un cycle de hausse des taux.
septembre 2026 · Trésor américain (taux quotidiens) · Tant que l'écart reste positif, les modèles fondés sur la courbe ne signalent rien, et l'écart 10 ans moins 3 mois, celui qu'utilise le modèle, s'élargit au contraire (+0,93 point le 25 septembre).
- Signal avancé
Ormuz : une rupture d'offre sans précédent, toujours en cours sept mois après
Selon l'Agence internationale de l'énergie (rapport du 11 septembre 2026), plus de 10 millions de barils par jour de production du Golfe restaient arrêtés en août. Les exportations de produits raffinés et de gaz de pétrole liquéfié du Golfe restent inférieures de près de 60 % à leur niveau de février. L'Agence américaine d'information sur l'énergie (9 septembre 2026) prévoit une production du Moyen-Orient sous son niveau d'avant le conflit jusqu'au 2e trimestre 2027. Le conflit a éclaté le 28 février 2026.
août 2026 · Agence internationale de l'énergie ; Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) · Les États-Unis produisent près de 14 millions de barils par jour : pour eux, le choc passe surtout par les prix, et les estimations des flux qui sortent du Golfe divergent fortement.
- Signal avancé
Le gazole américain à un record nominal
Le gazole routier américain atteint 6,53 $ le gallon le 21 septembre 2026, contre 3,81 $ le 23 février (+71 %). Le record précédent était de 5,81 $, en juin 2022. Les stocks de distillats reculent de 12,7 % sur un an (au 18 septembre).
septembre 2026 · Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) · Corrigé de l'inflation, le pic de juin 2022 vaut à peu près le niveau actuel, et 2022 n'a pas débouché sur une récession.
- Indicateur coïncident
Un choc stagflationniste : les salaires réels reculent de 0,3 %
En août 2026, les prix à la consommation montent de 3,4 % sur un an. L'énergie prend 16,3 % et l'essence 27,4 %. Le salaire horaire moyen ne progresse que de 3,1 % : en termes réels, il recule de 0,3 % sur un an.
août 2026 · Bureau des statistiques du travail (BLS) · En 2022, les salaires réels avaient reculé de 2 à 3 % sans récession, et le salaire hebdomadaire réel progresse encore de 0,3 % grâce aux heures travaillées.
- Vulnérabilité
Les embauches restent proches de leur plus bas depuis 2011
Le taux d'embauche est de 3,2 % en juillet 2026, après 3,1 % en février, son plus bas depuis janvier 2011, avril 2020 excepté.
juillet 2026 · Bureau des statistiques du travail (enquête JOLTS sur les postes vacants et la rotation de la main-d'œuvre) · Le taux d'embauche reste bas depuis 2024 sans récession, et le taux de licenciement reste proche de son plancher (1,0 %).
- Vulnérabilité
Défauts élevés chez les ménages modestes : auto, cartes, prêts étudiants
Au 2e trimestre 2026, 3,00 % des encours de crédit auto ont basculé sur un an en retard de 90 jours ou plus : le plus haut depuis début 2010, mais à peine plus qu'un an plus tôt (2,93 %). Sur les cartes, ce flux est de 6,97 %, élevé mais en léger recul depuis 2024 (7,18 %). Enfin, 10,6 % des prêts étudiants sont en retard grave.
2e trimestre 2026 · Fed de New York (rapport sur la dette et le crédit des ménages) · Le crédit auto ne pèse que 9 % de la dette des ménages, les pertes des banques sur cartes baissent depuis 2024 (3,82 % contre 4,69 %), et les prêts étudiants, détenus par l'État fédéral, n'ont pas de canal bancaire.
- Vulnérabilité
Un CAPE d'environ 41, un niveau dépassé seulement en 1999-2000
Le CAPE du S&P 500 (cours rapporté aux bénéfices réels moyens des dix dernières années) vaut 41,1 en août 2026, selon le fichier de Robert Shiller. Seule la bulle de 1999-2000 a connu des niveaux plus élevés, avec un sommet à 44,2 en décembre 1999. Moyenne depuis 1881 : 17,8.
août 2026 · Robert Shiller (Université Yale), fichier de données · Le CAPE est lié aux rendements des dix années suivantes, pas au risque de récession à douze mois. Il ne date aucun événement.
- Vulnérabilité
L'investissement dans l'IA pèserait environ un tiers de la croissance
Selon une estimation de la banque ING, l'investissement en informatique, logiciels et centres de données représente environ 36 % de la croissance américaine sur un an au 2e trimestre 2026, une fois déduites les importations. La Fed de Saint-Louis trouvait 39 % début 2025. Aucune méthode ne fait consensus pour isoler l'IA dans les comptes nationaux.
2e trimestre 2026 · Estimation de la banque ING (20 août 2026) ; Fed de Saint-Louis · Pour l'instant l'élan accélère (investissement privé estimé à +18,7 % au 3e trimestre par la Fed d'Atlanta) : c'est un risque de ralentissement futur, pas un signe actuel.
- Vulnérabilité
Le financement de l'IA recourt de plus en plus à la dette
Les acteurs de marché interrogés par la Réserve fédérale pour son rapport de stabilité financière de mai 2026 décrivent des investissements dans l'IA « de plus en plus financés par la dette ».
mai 2026 · Réserve fédérale (rapport de stabilité financière) · L'endettement reste faible au regard des résultats de ces groupes : c'est un changement de régime, pas une détresse financière.
Ce qui rassure
- Signal avancé
Inscriptions au chômage : pas de hausse des licenciements
Semaine close le 19 septembre 2026 : 197 000 nouvelles inscriptions au chômage, moyenne sur 4 semaines de 202 250. Cette moyenne était à 199 000 le 1er août 2026, son plus bas depuis octobre 2022. En données brutes, 1,55 million de personnes restent inscrites, contre 1,72 million un an plus tôt.
semaine close le 19 septembre 2026 · Département du Travail des États-Unis · Les inscriptions ne comptent que les licenciements indemnisés : dans un marché qui n'embauche plus, un choc peut passer par l'absence d'embauche sans apparaître ici.
- Indicateur coïncident
Chômage en recul et règle de Sahm négative
Le chômage est à 4,1 % en août 2026, contre 4,5 % en novembre 2025. La règle de Sahm, qui reconnaît une récession en cours à partir de 0,5 point, vaut −0,07. Elle avait franchi ce seuil de juillet à septembre 2024 sans qu'aucune récession ne suive.
août 2026 · Bureau des statistiques du travail (BLS), calcul de l'auteur · La baisse du chômage vient en partie d'une population active qui se réduit, et octobre 2025 manque dans les données (fermeture fédérale) : ce mois est interpolé.
- Indicateur coïncident
Les employeurs licencient peu : taux de licenciement proche de son plancher
Le taux de licenciement est de 1,0 % en juillet 2026, à peine au-dessus du plus bas de la série (0,9 %). Il était de 1,4 % en décembre 2007 et de 1,3 % en février 2020, à la veille des deux dernières récessions. On compte 1,05 offre d'emploi par chômeur, contre 0,59 en décembre 2007.
juillet 2026 · Bureau des statistiques du travail (enquête JOLTS sur les postes vacants et la rotation de la main-d'œuvre) · Ce régime est fragile : le taux d'embauche n'est que de 3,2 %. Si les licenciements remontaient, les chômeurs retrouveraient difficilement un poste et le chômage pourrait monter vite.
- Signal avancé
Courbe des taux positive : 13,9 % selon le modèle de la Fed de New York
En moyenne d'août 2026, le taux à 10 ans dépasse celui à 3 mois de 0,87 point. Le modèle de la Fed de New York en tire 13,9 % de probabilité que les États-Unis soient en récession en août 2027. Celui de la Fed de Cleveland donne 12,3 %. C'est proche de la moyenne historique du modèle, environ 15 % : une absence de signal, pas une garantie.
août 2026 · Fed de New York (modèle de la courbe des taux) ; Fed de Cleveland · Ces modèles reposent sur la même variable que la jauge : c'est un contrôle croisé, pas une confirmation indépendante. Celui de New York affichait 70,85 % pour mai 2024 sans récession.
- Indicateur coïncident
Aucune récession datée par le NBER, une croissance qui tient
Le dernier pic de cycle fixé par le NBER, l'organisme qui date les récessions américaines, reste celui de février 2020. Sa dernière annonce remonte au 19 juillet 2021. Au 2e trimestre 2026, le PIB réel progresse de 1,5 % et le revenu intérieur brut réel de 2,2 %, en rythme annualisé. La Fed d'Atlanta estime provisoirement le 3e trimestre à +5,0 % (25 septembre 2026).
2e trimestre 2026 ; 3e trimestre estimé au 25 septembre 2026 · NBER ; Bureau des analyses économiques (BEA) ; Fed d'Atlanta · Le NBER date les pics avec plusieurs mois de retard et l'estimation de la Fed d'Atlanta est provisoire : un retournement récent ne se verrait pas encore.
- Signal avancé
Écarts de crédit au plancher : la prime de risque obligataire ne signale rien
En juillet 2026, l'écart de taux des obligations d'entreprises calculé par la Fed est de 0,84 point, plus bas que 95 % des mois depuis 1973. La prime de risque obligataire excédentaire, la part de cet écart que le risque de défaut n'explique pas, vaut −0,32. Le modèle associé, publié par des économistes de la Fed, en tire 10,8 % de risque de récession à 12 mois.
juillet 2026 · Réserve fédérale (Gilchrist et Zakrajšek) · C'est un indicateur à court préavis : en 2007, cette prime n'est devenue positive qu'en juillet, cinq mois avant le pic de décembre.
- Indicateur coïncident
Tensions financières : nettement sous leur moyenne
L'indice de stress financier de l'OFR vaut −2,66 le 23 septembre 2026, zéro correspondant au niveau moyen. Il est plus détendu qu'environ trois jours sur quatre depuis 2000, et sa composante crédit plus détendue que 85 % des jours. Le seul accès de tension des 12 derniers mois, à +0,20 le 30 mars 2026, s'est résorbé.
23 septembre 2026 · Bureau de recherche financière du Trésor américain (OFR) · Ce sont des indicateurs coïncidents : ils disent qu'il n'y a pas de crise financière aujourd'hui, et le stress était plus bas encore au 1er semestre 2007 (−4,54) et début 2020 (−3,35).
- Vulnérabilité
Banques : pertes latentes divisées par deux depuis 2023, bénéfices solides
Au 2e trimestre 2026, les pertes latentes sur titres des banques assurées sont de 326,7 Md$. Elles baissent de 17,4 % sur un an et font moins de la moitié du pic de 683,9 Md$ du 3e trimestre 2023. Le secteur a gagné 90,1 Md$ sur le trimestre.
2e trimestre 2026 · FDIC (Agence fédérale de garantie des dépôts) · Le 10 ans est passé de 4,79 % à 5,17 % en septembre. Une hausse des taux accroît mécaniquement les pertes latentes sur les titres à taux fixe ; le chiffre du 3e trimestre n'est pas encore publié.
- Signal avancé
Un choc de prix pétrolier nettement plus faible qu'en 1973 et 1979
En moyenne mensuelle, le Brent a pris 65 % de février à avril 2026, de 70,89 $ à 117,29 $. Le prix mondial du pétrole avait environ quadruplé en 1973-1974 et plus que doublé en 1979-1980. Des économistes de la Fed de Chicago jugent les effets du choc de 2026 cinq à six fois plus faibles que ceux de 1979-1980.
février à avril 2026 (Brent) ; juillet 2026 (Fed de Chicago) · Fed de Chicago (lettre n° 523) ; EIA pour le Brent · Le choc dure plus longtemps que ne le supposaient ces estimations : le Brent est remonté à 130,80 $ le 15 septembre 2026.
- Vulnérabilité
Crédit immobilier : 70 % de la dette des ménages, des défauts sous leurs niveaux de 2007
Au 2e trimestre 2026, 1,52 % des encours immobiliers ont basculé en retard grave sur un an. C'est moins qu'à tout moment de 2007, où ce flux est passé de 1,94 % au 1er trimestre à 3,68 % au 4e. Ce crédit pèse 70 % de la dette des ménages, souvent à taux fixe bas.
2e trimestre 2026 · Fed de New York (rapport sur la dette et le crédit des ménages) · La tendance, elle, se dégrade : ce flux a plus que quintuplé depuis 2021 et atteint son plus haut depuis fin 2015.
Ces arguments sont des faits publics, datés et sourcés, choisis par l'auteur et arrêtés au 28 septembre 2026. La sélection n'est pas exhaustive, et d'autres lectures des mêmes chiffres sont possibles.
Mon analyse
Mon analyse, au 15 octobre 2026
Par John Bergerat, 15 octobre 2026
La mesure est basse. Sur la lecture de septembre, publiée le 2 octobre, le modèle donne 13,3 % de probabilité qu'une récession américaine commence dans les douze mois, avec un intervalle à 90 % de 7,7 % à 19,0 %. C'est sous le seuil d'alerte de 30 %, entre les deux taux de base historiques (15,7 % depuis 1959, 10,8 % sur trente ans). La courbe des taux n'est plus inversée et la règle de Sahm est à 0,00. Je reste pourtant plus inquiet que le modèle. Je pense qu'une récession, voire une crise financière, peut survenir prochainement.
Ce chiffre bas ne doit pas faire oublier le passé récent. De novembre 2022 à novembre 2024, la courbe des taux est restée inversée vingt-cinq mois de suite : la plus longue inversion depuis au moins 1960, et la plus profonde depuis 1981. Le modèle a alors atteint 57,6 % en mai 2023, son plus haut niveau depuis le début de sa série en 1985, et il est resté au-dessus de 30 % pendant vingt-huit mois. Or, lors des quatre dernières récessions (1990, 2001, 2008 et 2020), la récession a commencé après la fin de l'inversion, de trois à douze mois plus tard. Cette fois, près de deux ans ont passé : ce serait un retard sans précédent, mais l'inversion elle-même était sans précédent. Je pense que le signal n'est pas éteint, il est en retard.
Mon argument principal est une séquence. Fin février, le conflit dans le Golfe a perturbé le détroit d'Ormuz : le Brent au comptant est passé de 71 $ le 27 février à 138 $ le 7 avril. Retombé sous 70 $ début juillet, il valait de nouveau 126,55 $ le 14 octobre. En plein choc, la Fed a relevé ses taux le 16 septembre, quelques jours après la BCE. Les taux auxquels empruntent les États montent aussi : le taux américain à 10 ans est passé de 3,97 % le 27 février à 5,31 % le 5 octobre, son plus haut de l'année (5,10 % le 15 octobre). Un choc pétrolier, puis un resserrement monétaire : c'est la séquence que les économistes Bernanke, Gertler et Watson associent aux récessions de 1974 et de 1980 à 1982. La courbe des taux la capte mal. Le choc est stagflationniste : en septembre, l'inflation atteint 3,7 % sur un an, les salaires réels reculent de 0,7 % et l'économie n'a créé que 29 000 emplois.
Deux fragilités s'y ajoutent. Le crédit des ménages modestes se dégrade : au 2e trimestre, les nouveaux défauts graves sur le crédit automobile sont au plus haut depuis 2010. Les valorisations sont tendues : le rapport cours sur bénéfices corrigé du cycle de Shiller avoisine 41 (40,6 en septembre), un niveau dépassé seulement en 1999-2000. Et l'investissement dans l'IA, environ un tiers de la croissance américaine au 2e trimestre selon une estimation d'ING, repose de plus en plus sur la dette. Une bulle sur les valeurs liées à l'IA n'est pas à exclure. Ces fragilités ne datent rien : elles diraient l'ampleur des dégâts d'une récession.
Mon inquiétude doit pouvoir être démentie. Cinq voyants la confirmeraient : la règle de Sahm au-dessus de 0,50 (0,00 en septembre), soit un chômage tenu vers 4,7 % pendant trois mois ; l'écart 10 ans moins 3 mois de nouveau négatif en moyenne mensuelle (+0,96 point en septembre) ; la prime de risque obligataire excédentaire au-dessus de zéro (−0,39 en septembre) ; l'indice de stress financier de l'OFR au-dessus de zéro (−2,54 en moyenne de septembre) ; la moyenne sur quatre semaines des inscriptions au chômage 20 % au-dessus de son plus bas de l'année (0,1 % au-dessus au 10 octobre), un seuil franchi dans les huit récessions depuis 1969, en général au moment du pic, avec 4 fausses alertes sur 13. Si aucun ne s'allume d'ici un an, j'aurai surestimé le risque, et je l'écrirai ici.
Plusieurs faits plaident contre moi, et je les ai testés. Depuis 1947, sur neuf chocs pétroliers de plus de 20 %, trois seulement ont été suivis d'une récession dans l'année, tous avec une courbe déjà inversée ; 2005 et 2022 ont combiné choc et hausse des taux sans récession, et ajouter le pétrole au modèle ne l'améliore pas. Une récession « en retard » de plus de seize mois après la fin d'une inversion serait sans précédent aux États-Unis depuis 1968, et rare dans vingt pays avancés (un cas sur 21, le Canada en 2008). Aucun indicateur coïncident ne signale de récession : chômage à 4,2 % en septembre, 199 000 inscriptions au chômage la semaine close le 10 octobre. Les prévisionnistes qui ne s'appuient pas sur la courbe sont plus pessimistes qu'elle, entre 15 et 40 % selon les chiffres rapportés par la presse de mai à juillet, ce qui va dans mon sens ; mais depuis 1968, la courbe a mieux classé les récessions que les économistes interrogés par la Fed de Philadelphie.
C'est un avis, pas une prévision : le risque à douze mois me paraît plus élevé que ce que la mesure affiche, pour une raison qu'elle lit mal. Ce n'est pas un conseil en investissement : cette analyse est générale, ne tient compte d'aucune situation personnelle et n'invite à aucun achat ni à aucune vente.
En mars 2025, j'ai publié une note qui annonçait une crise financière pour 2025. Elle n'a pas eu lieu, et aucune récession n'a suivi à ce jour : l'inversion de la courbe des taux et la règle de Sahm, que je présentais comme infaillibles, ont toutes deux donné une fausse alerte. Cela ne veut pas dire que le risque a disparu : je pense qu'il peut se matérialiser prochainement. J'en retiens trois règles, appliquées sur cette page : publier une probabilité plutôt qu'une certitude, montrer les échecs des indicateurs, et fixer à l'avance ce qui me ferait changer d'avis.
Cette section exprime l'avis personnel de John BERGERAT, analyste et développeur quantitatif (Quantalytics, Genève). Cet avis est général : il ne tient compte de la situation d'aucun lecteur et n'engage que son auteur. Il a été rédigé le 15 octobre 2026, sur les données publiées à cette date, et peut changer avec elles. Ce n'est ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée, ni une incitation à réaliser une opération. L'auteur fournit des signaux d'investissement à des fonds et investit pour son propre compte ; cet avis ne vise aucun titre en particulier. Cette page ne contient aucun lien commercial.
- La question. Une récession américaine, telle que la date après coup le comité du NBER, commence-t-elle dans les douze mois qui suivent le mois de la lecture ? Les mois déjà en récession ne comptent pas : on mesure le risque d'y entrer.
- Le modèle. Une régression probit, c'est-à-dire une formule qui convertit l'écart entre le taux du Trésor à 10 ans et le bon à 3 mois en une probabilité comprise entre 0 et 100 %, selon la méthode d'Estrella et Mishkin que suit la Fed de New York. Le chiffre publié est la moyenne, à parts égales, de ce résultat et de la fréquence historique des récessions depuis 1959. Avec cinq à neuf récessions pour estimer quoi que ce soit, un modèle plus riche apprend le bruit : la prime de risque obligataire, la règle de Sahm et le pétrole ont été testés, aucun ne fait mieux que l'écart seul de façon démontrée hors échantillon. Un taux de marché n'est jamais révisé : la lecture publiée est exactement celle qu'on aurait eue à la date.
- La validation. Chaque mois de 1985 à 2024 est recalculé avec le modèle réestimé en janvier sur les seules récessions connues à la date, en comptant le délai de datation du NBER. La spécification (écart seul, moyenne à parts égales avec le taux de base, estimation depuis 1959) a été choisie le 28 septembre 2026, après avoir vu la période 1985-2025 : les coefficients sont réestimés pas à pas, mais le choix du modèle, lui, a vu la période. Seules les lectures consignées au journal à partir de septembre 2026 mesurent sa capacité réelle à prévoir.
- L'intervalle à 90 %. Le modèle est réestimé 500 fois en tirant au hasard, avec remise, les années de son échantillon. Il mesure l'incertitude de l'estimation, pas celle du choix du modèle ni celle du monde.
- Le taux de base. C'est la part des mois suivis d'un début de récession dans les douze mois : 15,7 % depuis 1959, 10,8 % sur les trente dernières années, car les expansions sont plus longues depuis le milieu des années 1980. Le modèle retient la première valeur, choisie avant de comparer les résultats obtenus avec la seconde ; les deux sont affichées.
| MESURE, 1985 À 2024 | BRUT, EN ÉCHANTILLON | BRUT, HORS ÉCHANTILLON | PUBLIÉ, EN ÉCHANTILLON | PUBLIÉ, HORS ÉCHANTILLON |
|---|---|---|---|---|
| Score de Brier (plus bas = mieux) | 0,089 | 0,103 | 0,086 | 0,088 |
| Gain sur le taux de base connu à la date | +16 % | +2 % | +19 % | +17 % |
| Gain sur la fréquence observée | +8 % | −7 % | +11 % | +9 % |
| Pouvoir de tri (AUC) | 0,89 | 0,88 | 0,89 | 0,88 |
| Mois de fausse alerte à 30 % | 36 | 55 | 25 | 37 |
« En échantillon » : modèle estimé sur toute la période puis évalué sur elle, ce qui mesure l'ajustement à l'histoire et non la capacité à prévoir. « Hors échantillon » : reconstitué pas à pas. Score de Brier : l'écart moyen, au carré, entre la probabilité annoncée et ce qui s'est produit. Le gain sur la fréquence observée, la référence usuelle en prévision, est de +9 % pour la probabilité publiée. Sur 1 000 rééchantillonnages des années évaluées, 34 % le donnent négatif (intervalle à 90 % : −53 % à +25 %).
- Sources. Taux : Réserve fédérale, relevé H.15 (Domaine public fédéral (Département du Trésor, taux à échéance constante publiés par la Réserve fédérale dans la H.15) ; Domaine public fédéral (Réserve fédérale)). Chômage : Bureau des statistiques du travail (BLS). Prime de risque obligataire : Réserve fédérale (Gilchrist et Zakrajšek). Stress financier : Bureau de recherche financière du Trésor (OFR). Dates des récessions : National Bureau of Economic Research, reproduites avec mention de la source. Aucune donnée ne transite par un intermédiaire.
- Calcul. Probabilité calculée par Quantalytics à partir de ces données (modèle v2-dc12ce590d). Ni la Réserve fédérale ni le NBER ne la publient. Les données brutes, la reconstitution et le journal sont servis tels quels par notre interface de données.
La probabilité affichée est une estimation statistique, calculée par un modèle dont les règles sont publiées sur cette page. Ce n'est pas une prévision certaine, et un modèle de récession ne dit rien du moment ni de l'ampleur d'une baisse des marchés. Ce n'est ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée, ni une incitation à réaliser une opération. Les résultats passés du modèle, mesurés sur un petit nombre de récessions, ne préjugent pas de ses résultats futurs.
Contenu éducatif. Aucun conseil en investissement personnalisé. Investir comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
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