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Simulateurs · PER

Simulateur PER : ce que la déduction donne, ce que la sortie reprend

Le PER n'est pas un placement, c'est un report d'impôt. Vous ne payez pas aujourd'hui, vous payez à la retraite. Ce simulateur mesure ce que ce report vaut réellement, en confrontant vos deux tranches marginales, celle d'aujourd'hui et celle que vous attendez plus tard. Le versement n'est pas saisi en brut mais en effort réel : ce qui sort de votre compte chaque mois, une fois l'économie d'impôt déduite.

Investi par le PER

429 €

par mois, pour 300 € sortis de votre compte

Capital médian avant impôt

210 818 €

contre 147 572 € en compte-titres, pour le même effort

Après impôt, sortie étalée

165 604 €

21 % du capital part en prélèvements

Écart avec le compte-titres

+41 761 €

en faveur du PER, à effort identique

Ce qui reste après impôt

PER, sortie étalée

165 604 €

45 214 € de prélèvements. Versements au barème, à 11 %. Gains au prélèvement forfaitaire unique.

PER, sortie en une fois

150 946 €

59 872 € de prélèvements. Le capital versé traverse les tranches au lieu de rester dans une seule.

Compte-titres ordinaire

123 843 €

23 730 € de prélèvements. Versements déjà imposés, seuls les gains sont taxés.

Le PER ne gagne que si la tranche de sortie est assez basse pour ne pas rendre ce que la déduction a donné. Ici, 30% à l'entrée contre 11 % à la sortie. Sortir la totalité en une seule année coûterait 14 658 € de plus, et cette perte est évitable.

Votre plan

Vos tranches

Répartition

100 %
Actions mondeun fonds indiciel MSCI World
60 %
Actions Europeun fonds indiciel européen
20 %
Obligations d'Étatemprunts à 10 ans, États-Unis
20 %

Méthode. Le plan est appliqué à 191 périodes de 20 ans, une par mois de départ. Les deux enveloppes sont rejouées sur les mêmes périodes.

Ce versement suppose au moins 51 429 € de revenus professionnels nets pour être entièrement déductible.

Frais de 0,26% par an prélevés sur l'encours.

Les deux enveloppes, période médiane

L'écart entre les deux courbes ne vient pas du rendement, qui est le même : il vient de ce que le PER investit 429 € là où le compte-titres en investit 300 €. L'impôt de sortie, lui, n'est pas dans le graphique. Séries mensuelles Kenneth French et Réserve fédérale, dividendes et coupons réinvestis, en dollars, depuis 1990.

Un report d'impôt, pas une remise

Verser sur un PER retire la somme de votre revenu imposable de l'année. À 30 % de tranche marginale, verser 1 000 € réduit l'impôt de 300 €. L'effort réel est donc de 700 €, et c'est cette différence qui fait tout l'intérêt de l'enveloppe : pour un même sacrifice de train de vie, vous placez davantage.

Mais cette somme n'a jamais été imposée, et l'administration ne l'oublie pas. À la sortie, la part correspondant aux versements revient au barème de l'impôt sur le revenu. Elle échappe en revanche aux prélèvements sociaux, qui ne frappent que les gains. Le PER ne vous fait donc pas économiser l'impôt, il vous laisse choisir le moment où vous le payez.

Tout se joue alors sur un seul écart : la tranche à laquelle vous déduisez, et celle à laquelle vous serez imposé à la retraite. C'est la raison pour laquelle cet outil demande les deux, et c'est aussi la raison pour laquelle un simulateur qui n'affiche que l'économie d'impôt immédiate ne dit qu'une moitié de l'histoire.

À effort identique, pas à versement identique

Comparer un versement de 300 € sur un PER à un versement de 300 € sur un compte-titres serait trompeur : les deux ne coûtent pas la même chose. Le premier, à 30 % de tranche, ne pèse que 210 € sur le budget réel. La comparaison n'aurait de sens que si l'épargnant dépensait la différence.

Cet outil fixe donc l'effort, pas le versement. Vous indiquez ce qui sort de votre compte chaque mois, et chaque enveloppe en fait ce qu'elle peut. À 30 %, 300 € d'effort deviennent 428 € versés sur le PER et 300 € sur le compte-titres. Les deux courbes divergent dès le premier mois, sans qu'aucun rendement ne les sépare.

L'hypothèse est ici explicite et c'est la plus fragile de tout le calcul : l'économie d'impôt doit être réellement épargnée. Elle arrive l'année suivante, sous forme d'un impôt plus faible ou d'un remboursement, à un moment où rien ne la distingue du reste du compte courant. Dépensée, elle ne produit rien, et le PER se réduit alors à un compte-titres qu'on ne peut pas ouvrir avant la retraite.

Le piège de la sortie en une fois

Une tranche marginale n'est pas un taux d'imposition, c'est le taux qui frappe le dernier euro gagné. Sortir d'un coup 150 000 € de versements accumulés ne les impose pas à votre tranche habituelle : cette somme s'ajoute au revenu de l'année et traverse les tranches, jusqu'à 41 % puis 45 %.

Le simulateur affiche les deux, côte à côte. La sortie étalée applique la tranche que vous avez choisie, ce qui suppose des retraits assez modérés pour ne pas en changer. La sortie en une fois applique le barème progressif à la totalité, dans l'hypothèse la plus favorable où vous n'auriez aucun autre revenu imposable cette année-là. L'écart entre les deux est le coût d'une mauvaise sortie, et il est souvent supérieur à l'avantage de la déduction.

Le PER autorise aussi la sortie en rente viagère, dont le régime est différent : seule une fraction est imposable, et cette fraction dépend de l'âge auquel la rente commence. Cet outil ne la modélise pas, et les taux de prélèvements sociaux applicables font l'objet de sources officielles contradictoires que nous ne reproduirons pas ici.

Ce que le blocage coûte

L'argent versé sur un PER n'est plus disponible avant la retraite. Les seules sorties anticipées prévues sont l'achat de la résidence principale et les accidents de la vie : invalidité, décès du conjoint, fin de droits au chômage, surendettement, cessation d'activité non salariée après liquidation judiciaire.

Ce coût ne se chiffre pas et n'apparaît donc nulle part dans les résultats ci-dessus. Il est pourtant réel. Une épargne de précaution disponible doit exister avant qu'un PER n'ait le moindre sens, et l'écart affiché par ce simulateur ne compense jamais une trésorerie insuffisante.

C'est aussi ce qui rend l'horizon déterminant. À dix ans de la retraite, la déduction porte sur peu de versements et les gains ont peu de temps pour composer. À trente ans, l'effet de la somme investie en plus se cumule, mais le blocage dure d'autant plus longtemps.

Plafond de déduction et report

Un salarié peut déduire 10 % de ses revenus professionnels nets de l'année précédente, avec un plancher de 4 710 € et un plafond de 37 680 €. Le plafond dépend donc du revenu, que cet outil ne demande pas : il vérifie la borne haute, qui est vérifiable sans elle, et affiche le revenu que votre versement suppose.

Le plafond non utilisé se reporte sur les cinq années suivantes, et il est mutualisable entre conjoints soumis à imposition commune. Un versement exceptionnel peut donc dépasser le plafond d'une année sans perdre sa déductibilité, à condition d'avoir sous-utilisé les précédentes.

Les versements non déduits existent aussi, et suivent un régime inverse : ils ne réduisent pas l'impôt à l'entrée, mais ressortent sans être imposés. Ce simulateur ne traite que le cas des versements déduits, qui est celui de l'immense majorité des épargnants imposables.

Questions fréquentes

À partir de quelle tranche le PER devient-il intéressant ?

Il n'y a pas de seuil universel, il y a un écart. À tranche de sortie identique à celle d'entrée, le PER conserve un avantage modeste, qui vient de ce qu'il fait travailler l'avance d'impôt pendant toute la durée. L'avantage devient net dès que la tranche de sortie est inférieure d'un cran. Il s'inverse si elle est supérieure, cas rare mais possible pour une carrière ascendante ou un patrimoine locatif constitué en fin de vie active.

Que se passe-t-il si je ne suis pas imposable ?

La déduction ne vous rapporte rien, puisqu'elle réduit un impôt que vous ne payez pas. Mais la sortie, elle, reste imposable si votre situation change. Le simulateur le montre : à 0 % d'entrée et 11 % de sortie, le PER perd contre un simple compte-titres, en plus d'être bloqué.

Pourquoi la tranche de sortie est-elle plus basse par défaut ?

Parce qu'une pension représente souvent de l'ordre de la moitié du dernier salaire, ce qui fait descendre d'une tranche pour beaucoup de carrières. Ce n'est ni une règle, ni une garantie : c'est un réglage de départ que vous devez remplacer par votre propre estimation, laquelle porte sur une législation dans trente ans.

Le calcul tient-il compte des prélèvements sociaux à la sortie ?

Oui, mais uniquement là où ils s'appliquent. La part de gain supporte le prélèvement forfaitaire unique, soit 12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux. La part correspondant aux versements déduits revient au barème de l'impôt sur le revenu, sans prélèvements sociaux.

Pourquoi une poche obligataire ici, et pas dans le simulateur PEA ?

Parce que le PEA les interdit et que le PER les accepte. C'est une différence structurante entre les deux enveloppes : une répartition entre actions et obligations, qui est le choix central d'une épargne longue, ne peut pas se faire à l'intérieur d'un PEA. La poche obligataire proposée ici repose sur les emprunts d'État américains à dix ans, faute de série longue et librement réutilisable sur les fonds en euros.

Cet outil constitue-t-il une aide à la décision ?

Il documente un mécanisme fiscal appliqué à une distribution de résultats passés. Il ne connaît ni votre situation patrimoniale, ni votre besoin de liquidité, ni la législation qui s'appliquera à votre retraite. Il ne constitue pas un conseil en investissement au sens de l'article D321-1 5° du code monétaire et financier.

À voir ensuite

Chiffres réglementaires arrêtés au 28 juillet 2026. Les taux et plafonds fiscaux changent, souvent au 1er janvier. Au-delà de cette date, vérifiez-les avant de vous en servir.

Contenu éducatif. Ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Voir l'avertissement sur les risques et la méthodologie.