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Simulateurs · PEA

Simulateur PEA : ce que l'enveloppe apporte, et ce qu'elle interdit

Le PEA est une enveloppe fiscale, pas un placement. Ce simulateur mesure ce qu'elle change : l'écart en euros avec un compte-titres ordinaire sur le même plan, le moment où le plafond de 150 000 € commence à mordre, et les seuls supports que l'enveloppe autorise. Comme ailleurs, aucun rendement n'est saisi : le plan est rejoué sur toutes les périodes de l'historique.

Cas médian

52 064 €

pour 36 000 € versés

Rendement annualisé

7,6 % par an

médiane des 311 périodes, de 3,1 % à 9,9 %

Fourchette des capitaux

43 074 € → 63 652 €

plancher observé 28 979 €, entrée en 1999-03

Baisse à traverser

− 23 %

et 3 % des périodes finissent sous le versé

Ce que l'enveloppe change

En PEA, après 5 ans

49 076 €

18,6 % sur le gain. Prélèvements sociaux seuls, impôt sur le revenu exonéré.

En compte-titres ordinaire

47 020 €

31,4 % sur le gain. Prélèvement forfaitaire unique, 12,8 % d'impôt plus 18,6 % de prélèvements sociaux.

Écart

+2 056 €

sur un gain médian de 16 064 €

Calcul sur le gain médian, pour un retrait unique en fin de période. Avant cinq ans de détention, le PEA perd son exonération d'impôt sur le revenu et le retrait entraîne en principe la clôture du plan : l'écart ci-dessus disparaît alors entièrement.

Votre plan

Répartition

100 %
Actions Europedétention directe, éligible de plein droit
%
Actions mondepar réplication synthétique
%
Actions américainespar réplication synthétique
%

Méthode. Le plan est appliqué à 311 périodes de 10 ans, une par mois de départ, de 1990-08 à 2026-05. Toutes les périodes disponibles sont retenues.

Versements plafonnés à 150 000 € (plafond de versements du PEA).

Frais de 0,33% par an prélevés sur l'encours.

Toutes les périodes possibles

modèle à taux constant, 7,6 % par an période médiane, réelle 3,1 % à 9,9 % par an pire période, réelle versé

Lecture. Le trait épais est le modèle à taux constant, celui des simulateurs à rendement saisi, mais avec un taux mesuré et non saisi : le rendement annualisé observé sur les périodes de 10ans. La bande couvre le même calcul aux premier et neuvième déciles de ce rendement. Les deux traits fins sont des trajectoires réelles, mois par mois : la période dont le capital final est médian, et la plus défavorable de l'échantillon. L'écart entre le trait épais et la période médiane réelle est l'effet d'ordre des rendements. Séries mensuelles Kenneth French, dividendes réinvestis, en dollars, depuis 1990. Rééquilibrage mensuel implicite. Le résultat porte donc aussi l'effet du change euro contre dollar.

Limites du calcul. Les montants sont bruts de fiscalité : les prélèvements sociaux de 18,6 % sur les gains ne sont pas déduits. Les séries sont en dollars, le résultat porte donc aussi l'effet du change. Et le calcul suppose que vous versez sans jamais interrompre, y compris pendant les baisses.Les périodes se recouvrent largement, elles ne constituent donc pas des observations indépendantes : la dispersion affichée décrit l'historique, elle ne s'interprète pas comme un intervalle de confiance. Performance simulée à partir de données passées, jamais réalisée. Les périodes passées ne préjugent pas des périodes futures.

Ce que l'enveloppe autorise, et ce qu'elle interdit

Le PEA n'accepte que des actions de sociétés ayant leur siège dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen, et des fonds investis à au moins 75 % en titres éligibles. La conséquence la plus mal connue est qu'il n'accueille ni obligations, ni fonds obligataires. Une répartition entre actions et obligations, qui est le choix structurant d'une épargne longue, ne peut donc pas se faire à l'intérieur d'un PEA.

Les actions américaines et mondiales y sont pourtant accessibles, par un détour : un fonds à réplication synthétique détient des actions européennes, donc reste éligible, et échange leur performance contre celle de l'indice visé par un contrat d'échange. Le coût de ce détour se lit dans les frais courants, généralement supérieurs de dix à quinze centièmes de point à ceux du même indice hors PEA. Il ajoute aussi un risque de contrepartie, encadré mais réel.

Enfin le compte-espèces d'un PEA n'est pas rémunéré. Le liquide qui y dort ne rapporte rien et perd du pouvoir d'achat au rythme de l'inflation. C'est pourquoi la répartition proposée ici ne contient aucune poche de trésorerie : dans cette enveloppe, elle n'aurait aucun sens.

Le seuil des cinq ans

L'avantage du PEA n'est pas continu, c'est une marche. Avant cinq ans de détention, un retrait entraîne en principe la clôture du plan et le gain est imposé au prélèvement forfaitaire unique, soit 31,4 %, exactement comme sur un compte-titres. L'enveloppe n'apporte alors rien.

Au-delà de cinq ans, l'impôt sur le revenu disparaît et seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus. Les retraits partiels deviennent possibles sans clôturer le plan, et ils n'empêchent plus les versements ultérieurs.

La date qui compte est celle de l'ouverture du plan, pas celle des versements. Ouvrir un PEA avec un montant symbolique pour faire courir le délai est une pratique courante et sans coût, ce que l'outil ne peut pas modéliser mais qu'il faut connaître.

Modèle à taux constant et rejeu historique

Un modèle à taux constant calcule le capital final par la formule de l'annuité : le résultat est une fonction monotone du taux saisi. Faire varier ce taux de 4 % à 7 % déplace le résultat, mais n'ajoute aucune information : la sortie est entièrement déterminée par l'entrée.

Ce modèle repose sur une hypothèse forte, celle d'un rendement identique chaque mois. Or les rendements observés sont dispersés et autocorrélés à court terme. Quand les versements sont périodiques, l'ordre des rendements devient déterminant : deux séquences de même moyenne géométrique produisent des capitaux différents selon que les rendements faibles surviennent au début ou à la fin. Une baisse en début de plan porte sur un capital réduit, une baisse en fin de plan porte sur la totalité.

Le rejeu historique lève cette hypothèse. Le plan est appliqué à chaque période de la longueur voulue contenue dans l'échantillon, une par mois de départ. Aucune sélection n'est faite après coup, ce qui écarte le biais de choix de période. La sortie n'est pas un point mais une distribution empirique : premier décile, médiane, neuvième décile, et l'observation extrême basse.

Cette approche n'a rien d'original hors de France. Les outils anglophones de référence, Portfolio Visualizer et Testfolio, proposent un mode historique à côté de leur mode à rendement saisi. Leur documentation relève d'ailleurs qu'un rééchantillonnage aléatoire du passé ne restitue ni l'autocorrélation ni le retour à la moyenne des cycles, ce qui les conduit à un tirage par blocs. Le rejeu sur fenêtres glissantes ne reconstitue pas cette structure temporelle : il la conserve telle qu'elle s'est produite. En contrepartie il fournit peu d'observations indépendantes, ce qui est la limite exposée au paragraphe précédent.

Une limite tient à la construction même : les périodes se recouvrent. Sur 431 mois d'historique, les 311 périodes de dix ans partagent l'essentiel de leurs observations. Elles ne sont donc pas indépendantes, et la dispersion mesurée ne s'interprète pas comme un intervalle de confiance statistique. Elle décrit l'amplitude de ce qui a été observé, rien de plus.

Les trois courbes lisses du graphique permettent de mesurer l'écart entre les deux approches. Elles appliquent la formule d'annuité à taux constant, mais avec un taux mesuré et non saisi : le rendement annualisé observé sur les périodes de la durée choisie, pris au premier décile, à la médiane et au neuvième décile. Sur dix ans en actions européennes, ces trois taux valent 2,6 %, 6,9 % et 10,7 % par an.

L'écart entre courbe lisse et rejeu réel est faible sur dix ans, de l'ordre de 3 %, mais il s'élargit avec la durée et il n'est pas symétrique. Sur vingt ans, le neuvième décile du rejeu réel s'établit à 163 274 € contre 178 733 € pour la courbe lisse de même rendement : le modèle à taux constant surestime le haut de la fourchette de près de 10 %. La raison est l'effet d'ordre décrit plus haut, qui pénalise les séquences dont les meilleures années surviennent avant que le capital ne soit constitué.

Plafond de versements

Le PEA plafonne les versements cumulés à 150 000 €. Le plafond porte sur les versements, pas sur la valeur du compte : un plan rempli à 150 000 € et valorisé 300 000 € reste conforme.

Le seuil est atteint après 500 mois de versements à 300 €, soit 41,7 ans, et après 150 mois à 1 000 €, soit 12,5 ans. Au-delà, le simulateur cesse d'incrémenter les versements et seule la performance fait évoluer le capital.

Traitement fiscal

Les montants affichés sont bruts. Au-delà de cinq ans de détention, les retraits sont exonérés d'impôt sur le revenu mais restent assujettis aux prélèvements sociaux, au taux de 18,6 %, assis sur la seule part de gain. Ce taux était de 17,2 % jusqu'au 31 décembre 2025 : la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG de 1,4 point.

Pour un capital final de 50 000 € correspondant à 36 000 € de versements, l'assiette est de 14 000 € et le prélèvement de 2 604 €, soit 5,2 % du capital final. La charge relative croît avec la performance : à 80 000 € de capital final pour la même mise, elle atteint 10,2 %.

Ce calcul suppose un retrait unique en fin de période. Un retrait échelonné modifie l'assiette et le moment du prélèvement.

Questions fréquentes

Pourquoi une distribution plutôt qu'un montant unique ?

Parce que la dispersion mesurée est du même ordre de grandeur que le résultat lui-même. Pour un versement de 300 € par mois sur dix ans, soit 36 000 € versés, l'écart entre le premier et le neuvième décile dépasse 20 000 €. Réduire cette distribution à un point exigerait de choisir une période de référence, choix qui n'a aucun fondement.

Quelle est la période la plus défavorable de l'échantillon ?

Elle est affichée avec son mois d'entrée. Les périodes de dix ans débutant entre 1999 et 2001 sont les plus défavorables de l'échantillon : elles cumulent la baisse de 2000 à 2003 et celle de 2008, sans que la reprise intermédiaire suffise à compenser.

Quels frais sont déduits ?

0,3 % par an, prélevés mensuellement sur l'encours, ordre de grandeur d'un fonds indiciel large éligible au PEA. Ne sont pas déduits : les frais de courtage à l'achat, les éventuels droits de garde, et les frais de tenue de compte. Sur dix ans, un écart de 0,5 point de frais annuels représente environ 5 % du capital final.

Quelle est la fréquence des périodes perdantes ?

Elle est affichée et varie avec la durée. Sur cinq ans elle est nettement supérieure à celle mesurée sur dix ans, et elle tend vers zéro sur vingt ans dans cet échantillon. Cette décroissance tient à ce qu'une période longue contient à la fois les phases de baisse et les phases de reprise qui les suivent.

Pourquoi les séries sont-elles libellées en dollars ?

Les séries longues d'actions européennes librement réutilisables sont publiées en dollars par la Kenneth French Data Library. Le résultat intègre donc la variation du taux de change euro contre dollar sur la période. Cet effet n'est pas neutralisé dans la version actuelle et peut représenter plusieurs points de rendement annualisé sur certaines périodes.

Cet outil constitue-t-il une aide à la décision ?

Il documente la distribution des résultats passés pour un plan donné. Il ne prend en compte ni la situation patrimoniale, ni l'horizon réel, ni la tolérance au risque. Il ne constitue pas un conseil en investissement au sens de l'article D321-1 5° du code monétaire et financier.

À voir ensuite

Chiffres réglementaires arrêtés au 28 juillet 2026. Les taux et plafonds fiscaux changent, souvent au 1er janvier. Au-delà de cette date, vérifiez-les avant de vous en servir.

Contenu éducatif. Ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Voir l'avertissement sur les risques et la méthodologie.